13oct,15

Critique : Gabriel Bianco « Capricci »

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La dernière fois que Gabriel Bianco nous avait gratifié d’un album en solo, c’était en 2009, pour le label Naxos, après avoir remporté le célèbre concours de la GFA. C’est donc avec beaucoup d’impatience que nous attendions cette nouvelle mouture, enregistrée cette fois pour le label Ad Vitam Records, label français qui fait, entre autre, un travail remarquable pour la guitare depuis quelques années déjà.

Capricci, Musique italienne pour guitare : c’est ainsi que Gabriel a choisi de nommer ce disque, dans lequel il défend remarquablement un répertoire renaissance, classique et romantique. Gabriel possède une technique redoutable, et son jeu ne présente aucun défaut. Mais l’interprète n’est pas qu’un merveilleux technicien, il est aussi un musicien tout à fait remarquable.

Le disque s’en ressent largement : les choix musicaux n’en semblent que d’autant plus évident, Gabriel maîtrisant parfaitement son instrument. Et il balade ainsi l’auditeur avec toute l’aisance des plus grands solistes. Notons l’articulation parfaitement maîtrisée et subtile dans les sonates de Scarlatti, la virtuosité extraordinaire de la Grande Sonate en La M de Paganini, qui fait même sourire tant elle paraît irréelle – voire inouïe – particulièrement dans le troisième mouvement, la finesse des couleurs dans les fantaisies de Da Milano, et la sensibilité à fleur de peau de l’interprète dans les œuvres de Regondi.

Seul point étonnant : le son global du disque, qui peut surprendre à la première écoute par son côté très sec. Mais une fois dépassé, l’on comprend qu’il s’agit d’un choix de la production de nous faire bénéficier, d’une certaine manière, d’un concert privé de Gabriel. Car c’est de cela dont il s’agit, et on le ressent encore plus par une écoute au casque : le disque sonne comme si Gabriel faisait résonner les cordes de sa Smallman juste à côté de nous. Fini les disques de guitare noyés sous des tonnes de reverb pour masquer tel ou tel défaut. Ici l’artiste se livre pleinement et en toute sincérité à l’auditeur, pour notre plus grand bonheur.

Paris Guitar Foundation

Pour acheter l’album : http://www.advitam-records.com/catalogue/capricci.html

Les casques PGF :  

Note critique